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R.I.P. Ilie Iorga, singer and Taraf de Haidouks mainstay

R.I.P. Ilie Iorga, singer and Taraf de Haidouks mainstay

See that thin little man, standing among all these musicians who brandish their respective instruments and seem to concentrate on adopting the most attractive pose for this group picture.
Voyez-vous le petit homme menu, souriant, parmi tous ces musiciens qui brandissent leurs instruments, tous concentrés sur l'importance de paraître dans la meilleure posture sur cette photo d'orchestre ?

Arborant un large sourire, Il tient étrangement sa main derrière son oreille, comme pour mieux entendre, le flash ?, les ordres du photographe ? Il a l'air heureux malgré la gêne manifeste qu'on peut déceler au vu de son teint légèrement prune, découvert d'être ainsi affublé d'un superbe couvre-chef, un stanton violet, que l'habilleuse  lui a choisi pour le défilé, auquel juste après la pose, il va participer. Heureux, un oeil malicieux, tout en discrétion, surtout ne pas avoir l'air d'avoir l'air de poser, il ne regarde pas l'objectif. On ne sais même pas à quoi il pense et s'il est vraiment conscient d'être la, planté entre Marin son ami de toujours et Costica, son gendre, parmi les autres membres du Taraf de Haïdouks

Cet homme-là est parti ce matin en levant la main comme pour dire "il en est assez", il n'a cessé de parler jusqu'à ce que son souffle et sa voix s’éteignent, sa décision de ne plus attendre encore. Il est né le 15/11/1928 Il s'appelait Ilie Iorga, portait le surnom d' Ilie Paputsoi. Je ne connais pas vraiment son parcours avant de l'avoir rencontré, chanteur, ménestrel, troubadour mais assurément reconnu par tous comme un des derniers dépositaires de chants épiques, grivois, d'amour et de poésie, parfois patriotique ou pastoral… et oui ce Monsieur a presque fait la grande guerre, ainsi que la seconde. Il a traversé notre siècle "ca un dom", gentleman, courtois, respectueux des uns et des autres, d'une gentillesse et d'une douceur naturelle, apparaissant parfois comme ailleurs, loin de toute réalité, qu'on aurait pu mettre sur le compte de son grand âge.  60 années à chanter son répertoire, de ballade en chansons à boire à en pleurer. Il emporte avec lui un incommensurable flot de poésie et de savoir musical. Toujours d'une droiture extrême, donnant à son personnage, un peu raide, un ton que la vie c'est quelque chose de sérieux, imposant ainsi à ses complaintes une gravité solennelle  que les modulations de sa voix adoucissait et rendait l'image de la chanson dans son décor, comme étant trop vrai que pour être tout a fait de la poésie. Sur le tard, devenu un peu sourd, il continuait à chanter juste, sans entendre les espiègleries de ses compagnons pris d'un malin plaisir à jouer faux ou à changer de tonalité pour ainsi le piéger, durs lois que celle des musiciens tsiganes de mariage qui ne ratent jamais l'occasion de prendre un de leur en défaut, et ce parfois en pleine représentation. 

Il a tout aimé sauf ce qui ne mérite pas de l'être et ne s'est jamais vraiment soucié de sa santé jusqu'à ce jour. Maintenant il n'a vraiment plus aucune raison de s'inquiéter, ni pour lui, ni pour nous.

S.Karo



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